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Qu'est-ce que la fistule obstétricale ?

La fistule obstétricale est une lésion résultant de l'accouchement qui a été relativement négligée, malgré son impact destructeur sur la vie des adolescentes et des femmes. Elle est généralement causée par un travail prolongé et difficile, parfois de plusieurs jours, sans intervention obstétrique pratiquée en temps voulu, généralement une césarienne, pour mettre fin aux pressions excessives exerceées par le foetus sur l'organisme de la femme. Les effets sont souvent dévastateurs : le bébé meurt dans la plupart des cas et la femme souffre d'une incontinence chronique. Incapable de contrôler l'écoulement de l'urine ou l'excrétion des matière fécales, elle est souvent abandonnée par son mari et sa propre famille, voire bannie de sa communauté.

 

Comment la fistule aparaît-elle ?

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Un travail bloqué sans assistance peut durer de six à sept jours, bien qu'en général le foetus meure après duex ou trois jours. Durant ce travail prolongé, les tissus mous du bassin sont compressés contre la tête descendante du bébé et l'os pelvien de la mère. Le manque d'écoulement de sang entraîne la mort des tussus, qui crée une fistule – ou trou – entre le vagin et la vessie de la mère, ou entre le rectum, ou les deux. Le résultat est une fuite chronique d'urine et/ou de matières fécales.

 

Pourquoi survient-elle ?

La fistule survient lorsque des soins obstétriques d’urgence ne sont pas dispensés à temps aux femmes qui développent des complications lors de l’accouchement. Les femmes qui vivent dans des zones rurales avec un accès limité aux soins médicaux, sont particulièrement en danger. Avant les progrès de la médecine au 20è siècle, la fistule était fort répandue en Europe et en Amérique du Nord. De nos jours, elle est quasi inconnue dans les pays développés où les soins obstétriques sont largement accessibles. La pauvreté, la malnutrition, les services de santé déficients, les mariages et grossesses précoces et la discrimination basée sur le genre sont les causes multiples à la base de la fistule obstétricale.

La fistule nous indique les points de carence des systèmes de santé.

— Mary Nell Wagner, EngenderHealth

 

Quelles sont les conséquences médicales de la fistule ?

Non traitée, la fistule peut causer de nombreux ulcères et infections, maladie rénale voire la mort. Certaines femmes boivent le moins possible pour éviter les fuites d’urine et ainsi se déshydratent. Les séquelles nerveuses au niveau des jambes laissent certaines d’entre elles incapables de marcher. Ces répercussions médicales conjuguées aux problèmes socio-économiques, contribuent souvent au déclin de leur santé et de leur bien-être.

 

Y a-t-il d'autres types de fistules ?

Une patiente assiste à une class d'alphabétisation au Service de formation à la chirurgie de la fistule et de réadaption. Photo: GMB Akash/Panos Pictures

Les fistules, ou trous dans les organes, peuvent se produire pour diverses raisons dans différentes parties du corps, telles les poumons et le système digestif. L’endommagement de tissus, causé par un travail prolongé et qui cause une incontinence, s’appelle une fistule obstétricale. Le canal vaginal peut aussi être rompu suite à un viol avec violence aggravée. En 2003, des milliers de femmes en République Démocratique du Congo s’enquirent d’un traitement contre la « fistule traumatique » causée par les viols collectifs systématiques qui eurent lieu dans le pays lors des cinq premières années de la guerre. Il y eut tant de plaintes que la destruction du vagin est considérée comme une blessure de guerre et les médecins la classent parmi les crimes de guerre.

 

Quelle est l'ampleur de la fistule ?

La fistule obstétricale est surtout répandue dans les communautés pauvres d’Afrique sub-saharienne et d’Asie du sud où l’accès aux soins obstétriques est limité. Près de deux millions de femmes vivent avec une fistule dans les pays en développement et quelques 50 000 à 100 000 nouveaux cas apparaissent chaque année.

 

Pourquoi si peu de gens sont-ils informés sur la fistule obstétricale ?

La fistule obstétricale est un problème relativement occulté, en grande partie parce qu'il touche les membres les plus marginalisés de la société : les femmes jeunes, pauvres et illettrées des régions reculées. Beaucoup d'entre elles n’ont pas recours aux services de traitements, soit parce qu’elles ne savent pas que la fistule peut être guérie, soit parce qu’elles ne peuvent pas honorer le coût de l’opération.

 

Comment peut-on éviter la fistule obstétricale ?

En donnant accès à la planification familiale à toutes les personnes qui souhaitent la pratiquer, on réduirait l'invalidité et la mortalité maternelles d'au moins 20%. En assurant en outre la présence de personnel médical formé à tous les accouchements et en dispensant des soins obstétriques aux femmes qui connaissent des complications à l'accouchement, on rendrait la fistule aussi rare dans les pays en voie de développement qu'elle  l'est aujourd’hui dans les pays développés. Ces mesures font partie de la stratégie globale de l'UNFPA pour réduire les risques liés à la maternité. Les interventions visant les causes sociales qui contribuent au problème, telles que les grossesses précoces, l'éducation des filles, la pauvreté et l'autonomisation des femmes, sont, elles aussi, importantes.

 

Peut-on traiter la fistule?

Judy Njoki, 43 ans, à été atteinte d'une fistule à sa septième grosesse et en souffre depuis 10 ans.  Après deux interventions manqueés, elle attend ici la troisième à l'hôpital de district de Machakos (Kenya). Photo : Sven Torfinn/Panos Pictures

Oui. La fistule est curable et évitable. Une opération chirurgicale peut réparer la lésion et les taux de succès atteignent 90% pour les cas simples. (pour les cas complexes, les taux de réussite oscillent autour  de 60%.) Il faut ensuite plus ou moins quinze jours de soins postopératoires pour assurer le succès durable de l'intervention. Un suivi psychologique est également important pour traiter le traumatisme affectif et faciliter la réinsertion sociale des patientes. Le coût moyen du traitement de la fistule — à savoir intervention chirurgicale, soins postopératoires et soutien à la réhabilitation — est de US $300, donc hors de portée de la plupart des femmes atteintes de la fistule obstétricale.

 

L’opération de la fistule entraîne-t-elle des risques quelconques?

Comme toute opération chirurgicale, celle de la fistule comporte un certain risque. Les complications possibles sont les suivantes : blocage du cathéter urinaire, infection, interruption de l’écoulement de l’urine, et réouverture de la fistule; il est le plus souvent possible dy remédier. Il arrive qu’une patiente meure, mais rarement. Le taux de décès attesté pour l’opération de la fistule est compris entre 0,5 et 1% dans l’Afrique subsaharienne. Un soigneux dépistage s’impose avant l’opération, car les femmes atteintes d’une fistule sont généralement sous-alimentées et peuvent ainsi être plus exposées à contracter une maladie. Il est tout aussi essentiel de dispenser des soins postopératoires et d’assurer un strict suivi à long terme pour tenir sous contrôle les problèmes de caractère tant chirurgical que médical qui pourraient se poser.


Y a-t-il un rapport entre la coupure génitale féminine (CGF) et la fistule ?

La coupure génitale féminine est condamnée par la plupart des gouvernements en raison de ses conséquences dévastatrices sur la santé des femmes en matière de reproduction, et l'UNFPA s'emploie activement à mettre un terme à cette pratique. Celle-ci se maintient néanmoins, notamment dans beaucoup des régions où la fistule obstétricale est répandue. Bien que la CGF puisse accroître les risques d'hémorragie et d'infection à l'accouchement, il n'est pas établi clairement qu'elle constitue un facteur causatif de formation de fistules. Toutefois, deux formes relativement radicales de CGP, l'incision gishiri, pratiquée dans le nord du Nigéria, et l'infibulation, ou couture du vagin, peuvent contribuer directement à la survenue de fistules.

 

Qu'est-ce que la « Campagne pour éliminer les fistules » ?

En 2003, l'UNFPA et ses partenaires ont lancé la première Campagne pour éliminer les fistules, de portée mondiale. Cette initiative a pour objectif général de rendre la fistule aussi rare dans le Sud qu'elle l'est aujourd'hui dans le Nord. Elle comprend à cette fin des interventions :

La Campagne couvre aujourd'hui près de 40 pays d'Afrique subsaharienne, d'Asie et de la région arabe.

Dans chaque pays, la Campagne se déroule en trois phases :

 

Quels résultats la Campagne a-t-elle obtenus ?

La Campagne, lancée en 2003, a déjà signalé la fistule à l'attention d'une large audience, notamment du grand public, des décideurs politiques, des responsables de la santé et des femmes fistuleuses [voir les coupures de presse]. Plus de 37 millions de dollars ont été mobilisés auprès de toute une gamme de donateurs et diverses activités sont en cours ou prévues dans une trentaine de pays.

 

Pourquoi l'UNFPA prend-il l'initiative dans cet effort ?

Les activités menées de longue date par l'UNFPA dans le cadre de programmes visant à réduire la mortalité et la morbidité maternelles le placent dans une position privilégiée pour relever le défi de la fistule obstétricale. En outre, cette affection touche à pratiquement tous les aspects du mandat du Fonds, notamment la santé et les droits à la santé en matière de reproduction, l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et la santé des adolescents en matière de reproduction. Étant donné la multiplicité des facteurs qui contribuent directement ou indirectement à la fistule, la prise en compte de ce problème peut ouvrir la porte à d'autres interventions visant à l'amélioration générale de la santé en matière de reproduction et des droits des femmes. Également, la fistule fait fonction de révélateur qui permet de repérer les carences des services de santé féminine en matière de reproduction, en particulier à l'égard des membres les plus pauvres et les plus vulnérables de la société.

 

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